LES MOOC AU SERVICE DE L’UNIVERSITE ET L’ENTREPRISE

Les ressources humaines sont aujourd’hui la principale richesse d’un pays, c’est aussi l’atout compétitif majeur d’une entreprise. Raison pour laquelle, la formation devient un enjeu essentiel pour tout le monde. Or, chaque jour, les technologies progressent, les métiers évoluent, l’organisation change, les méthodes de travail se transforment ; bref les besoins augmentent tant pour la formation initiale que pour la formation continue.
Dans ce cadre, les MOOC apportent une vraie révolution dans l’ouverture des connaissances à tous, en rendant accessible le savoir, surtout que l’accès est souvent gratuit, seuls les diplômes sont payants. Les MOOC amortissent les « coûts d’enseignement » en proposant les cours de haute qualité à un très grand nombre d’étudiants ; surtout par l’organisation modulaire des cours et des travaux pratiques pour l’acquisition des savoir-faire par des outils de simulation et de contrôle du niveau acquis pour l’éventuelle délivrance d’un diplôme …
Par conséquent, il y a lieu de penser que les plates-formes MOOC et les réseaux savants exploseront dans les années qui viennent et pourront avoir les pires répercussions sur tous les systèmes classiques d’enseignement y compris les nôtres.
Dans un dossier consacré à ce sujet par la revue française «Les Echos », il est recensé dans le monde 250 universités virtuelles sur Internet et il s’en ouvre davantage tous les mois. Le chiffre d’affaire mondial de l’enseignement virtuel hors système public a pu croître de 25 milliards de dollars en 2003 pour atteindre en 2015 les 95 Milliards de dollars.
Avec plus de 30 000 cours universitaires en accès libre, « Monamphi.com » est une mine d’or pour toute personne souhaitant se former dans une discipline ou s’informer sur un sujet pointu et c’est gratuit !
En raison de son immense territoire, peu peuplé et aux conditions climatiques difficiles, le Canada fait partie des précurseurs des e- universités et des MOOC. Après une activité classique d’enseignement à distance, l’Université canadienne d’Athabasca a démarré sur Internet dès 1994. Elle compte aujourd’hui 200 professeurs, 400 tuteurs et 40.000 étudiants. Elle offre 900 programmes dans tous les domaines scientifiques et littéraires et 74 MBA. Une dizaine d’autres Universités canadiennes, proposent de tels enseignements et 400.000 étudiants les suivent. La prévision pour les 5 prochaines années nous annonce qu’un tiers de tous les cours d’université sera suivi sur Internet.
En Allemagne, l’ensemble des filières, modules et cours d’université disponibles virtuellement sont accessibles sur un même site-Web. L’étudiant inscrit peut accéder après authentification sécurisée aux cours et entrer en contact avec son tuteur ou de travailler en visioconférence.
Idem, d’après une étude récente, 60% des enseignements professionnels aux USA ont basculé sur le e-learning avec des réductions de temps de formation de 55% pour des résultats équivalents.
Les Intranets de formation des grandes entreprises comme IBM, Cisco, Dell ou Microsoft constituent également aujourd’hui de véritables universités : Une nouvelle voie pour la formation du personnel des entreprises, mais aussi des externes payant cher pour se faire certifier, accréditer ou appartenir au réseau de leurs revendeurs …

Pour ce qui est de la Tunisie,
Imaginons que demain des universités comme Stanford ou Harvard offrent des plateformes MOOC reconnues sur le plan international, sous le « label » d’un prix Nobel ou d’un constructeur- référence et qui revient finalement moins cher qu’une formation universitaire à l’étranger ; que choisiront alors nos étudiants (ou leurs parents) ?
En d’autres termes, les MOOC internationaux risquent d’affecter à terme nos universités les moins outillées, puisque sur le plan technique, on doit obligatoirement utiliser visioconférence, chat, mail, tableau virtuel partagé, accès à des bases de données spécialisées, outils de travail collaboratif (Groupware, Workflow, VPN…), …
Comme l’enseignement représente pour les Tunisiens quasiment leur unique ascenseur social ; ils y tiennent beaucoup et lui réservent tout leur argent : autant alors préparer cette prochaine métamorphose pédagogique de la manière la plus prospective possible !
Hassen chaari